| Titre : | Temps | | Type de document : | texte imprimé | | Auteurs : | Wadji Mouawad, Auteur | | Editeur : | Arles : Actes Sud-Papiers | | Année de publication : | 2012 | | Importance : | 60 pages | | ISBN/ISSN/EAN : | 978-2-330-00538-2 | | Prix : | 12€ | | Note générale : | On ne tue pas son père incestueux avec des mots et des
ressentiments, des aveux cruels et des souvenirs abjects. A
Fermont, ville minière perdue dans le Grand Nord québécois,
il faut encore trouver une balle perdue, fabriquer un fusil qui
n'existera pas, et sacrifier le corps de cet homme aux hordes de
rats qui envahissent régulièrement les rues. Car les péchés de
Napier de la Forge sont devenus le coeur d'un Mal qui ronge à
l'os cette famille, si affligée que même la violence des vents
mortels ne peut les en libérer. Cette terre de Caïn n'épargne
personne. | | Langues : | Français (fre) | | Catégories : | Théâtre Théâtre contemporain Théâtre dans le monde Théâtre de l'intime
| | Mots-clés : | religion famille inceste meurtre suicide langage langues communication mémoire famille toxique ville nature rats animaux lien humain et nature | | Résumé : | Dans ce texte, il y a comme une sérénité inquiétante. Le lecteur sait que le père incestueux sera abattu. Mais cela permettra-t-il à chacun de retourner vers soi et vers la vie ? L’ordre du monde a été dérangé, peut-il revenir à partir d’un meurtre ? La mère s’est suicidée dans la forêt de sel lorsqu’elle a compris et « ressenti » l’acte irréparable de son mari. Elle n’a pas voulu être contaminée. Depuis, les rats envahissent régulièrement la ville. « Mais nous avons la force quand ils n’ont que l’instinct et ce jeu de miroir nous rend abjects ; nous voilà devenus les rats des rats les barbares les rongeurs ».
Noella de la Forge, la victime de l’inceste, a en partie perdu sa voix. Elle a besoin d’une traductrice : Mérédith-Rose. La parole de Noella est hachée, comme si elle avait été entaillée de l’intérieur. « Mon père a fait entrer un scorpion dans mon ventre et je l’ai vu y prendre un très grand plaisir. Plus que son viol c’est de le voir complice de l’infect insecte qui m’a anéantie ». Travail difficile d’un récit haché, alors que le père lui-même quasi mourant est atteint de la maladie d’Alzheimer, et que les frères qui ont été sauvés et séparés ne savent rien de cette vérité lointaine. L’un est militaire et a été en Afghanistan, l’autre a vécu en Russie et parle une autre langue. C’est donc un étrange dialogue qui s’instaure entre les protagonistes (langue russe, langue des sourds et muets du Québec, traducteur). Il faut revenir à des lieux ancestraux pour à la fois sauver la ville et se réconcilier avec la nature et l’homme. |
Temps [texte imprimé] / Wadji Mouawad, Auteur . - Arles : Actes Sud-Papiers, 2012 . - 60 pages. ISBN : 978-2-330-00538-2 : 12€ On ne tue pas son père incestueux avec des mots et des
ressentiments, des aveux cruels et des souvenirs abjects. A
Fermont, ville minière perdue dans le Grand Nord québécois,
il faut encore trouver une balle perdue, fabriquer un fusil qui
n'existera pas, et sacrifier le corps de cet homme aux hordes de
rats qui envahissent régulièrement les rues. Car les péchés de
Napier de la Forge sont devenus le coeur d'un Mal qui ronge à
l'os cette famille, si affligée que même la violence des vents
mortels ne peut les en libérer. Cette terre de Caïn n'épargne
personne. Langues : Français ( fre) | Catégories : | Théâtre Théâtre contemporain Théâtre dans le monde Théâtre de l'intime
| | Mots-clés : | religion famille inceste meurtre suicide langage langues communication mémoire famille toxique ville nature rats animaux lien humain et nature | | Résumé : | Dans ce texte, il y a comme une sérénité inquiétante. Le lecteur sait que le père incestueux sera abattu. Mais cela permettra-t-il à chacun de retourner vers soi et vers la vie ? L’ordre du monde a été dérangé, peut-il revenir à partir d’un meurtre ? La mère s’est suicidée dans la forêt de sel lorsqu’elle a compris et « ressenti » l’acte irréparable de son mari. Elle n’a pas voulu être contaminée. Depuis, les rats envahissent régulièrement la ville. « Mais nous avons la force quand ils n’ont que l’instinct et ce jeu de miroir nous rend abjects ; nous voilà devenus les rats des rats les barbares les rongeurs ».
Noella de la Forge, la victime de l’inceste, a en partie perdu sa voix. Elle a besoin d’une traductrice : Mérédith-Rose. La parole de Noella est hachée, comme si elle avait été entaillée de l’intérieur. « Mon père a fait entrer un scorpion dans mon ventre et je l’ai vu y prendre un très grand plaisir. Plus que son viol c’est de le voir complice de l’infect insecte qui m’a anéantie ». Travail difficile d’un récit haché, alors que le père lui-même quasi mourant est atteint de la maladie d’Alzheimer, et que les frères qui ont été sauvés et séparés ne savent rien de cette vérité lointaine. L’un est militaire et a été en Afghanistan, l’autre a vécu en Russie et parle une autre langue. C’est donc un étrange dialogue qui s’instaure entre les protagonistes (langue russe, langue des sourds et muets du Québec, traducteur). Il faut revenir à des lieux ancestraux pour à la fois sauver la ville et se réconcilier avec la nature et l’homme. |
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